La peinture est souvent intuitive pour moi. Elle agit comme un miroir – en capturant les émotions et les sensations telles qu’elles sont, même lorsque j’en ai déjà une certaine conscience. L’acte de peindre m’aide à reconnaître où j’en suis. Il m’arrive de réfléchir ou de parler de mon travail après coup, et cette réflexion peut être utile. Mais plus que tout, c’est le processus lui-même qui compte.

À moins que je ne partage ce processus, ces mots sont intégrés en silence. C’est le pouvoir extraordinaire dont j’ai fait l’expérience grâce à la création artistique.

Ces deux aquarelles sur papier ont été réalisées au début du mois, à cinq jours d’intervalle. La plupart du temps, je n’écris pas sur ce que je peins, mais je partage ces mots pour vous donner une idée du processus et de la façon dont les formes et les couleurs peuvent offrir des réflexions.

La première peinture explore la poussée, la traction et la pause de l’énergie relationnelle. La seconde reflète l' »hivernage » – L’intégration après le Qi Gong, un apaisement intérieur plus doux. Le premier contient plus de lignes. Le second contient plus de souffle. Il s’agit dans les deux cas d’états émotionnels, et non d’identités. Ils sont simplement différents. Traverse quelque chose… Change.

Les lignes de la première pièce s’enroulent l’une autour de l’autre sans se fondre complètement. Il y a contact, mais pas fusion. Il y a mouvement, mais aussi interruption. Une « pause » vit dans le léger confinement des formes. Une énergie qui veut bouger, mais qui se contrôle elle-même. Son orientation verticale semble structurée. Les lignes s’enroulent et se superposent autour d’un axe central, créant un sentiment de tension et de mouvement interne alors que l’énergie se rassemble vers l’intérieur, les formes se pressant les unes contre les autres sans se résoudre complètement. On a l’impression que l’œuvre est concentrée, retenue et en cours de réalisation.

La seconde s’oriente vers un flux plus horizontal. La structure s’adoucit, les bords se dissolvent et la peinture se déplace plus librement sur la surface. Il y a moins de confinement et plus d’atmosphère. L’énergie se disperse plutôt qu’elle ne se rassemble, suggérant le relâchement, l’intégration et la décantation.

La géométrie s’est adoucie pour devenir un geste. Elle respire vers l’extérieur au lieu de s’enrouler vers l’intérieur. On a l’impression d’une expiration.

Les dark pools ne sont pas des conflits, mais des sédiments. Intégration. Des éléments nutritifs qui retournent au sol. Là où la première met l’accent sur la ligne et la direction, la seconde met l’accent sur l’espace et la diffusion. L’une donne l’impression d’être comprimée et concentrée, l’autre d’être élargie et ouverte.

Ni l’un ni l’autre ne sont moi ou ne me ressemblent, parce que je ne suis ni l’un ni l’autre. Je suis consciente d’être passée par les deux. J’ai exprimé la contraction et l’intégration sans m’accrocher à l’une ou à l’autre en tant qu’identité.

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